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Forum consacré à Hubert-Félix Thiéfaine.
 
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 Thiéfaine dans la presse et sur le net

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Sempressi
Ta tête tombe de son socle de rêves


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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 23 Fév - 20:10

Yannig a écrit:
Sempressi a écrit:
Yannig a écrit:
Un nouvel interview dans Rolling-Stone N°30. (1 page + 1 photo pleine page)

Merci Yannig pour ces récaps. J'ai voulu feuilleter pour voir le nouveau Rolling Stone il y a peu de temps mais mon buraliste fermait. Si j'avais su j'aurai dû l'acheter... va falloir attendre demain...

Celui là, il vient juste de sortir, c'est le numéro de mars. (Bertignac en converture).
Oui c'était bien celui-ci... mais pas eu le temps de regarder le contenu pour voir si il y avait du HFT.
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 25 Fév - 10:10

Très bel article... Pour les nordistes, également dispo sur la version papier du Nord Eclair d'aujourd'hui... en dernière page...

http://www.nordeclair.fr/Loisirs/Musique/sorties_disques_-_rencontres/2011/02/25/thiefaine-conquistador-ecorche.shtml
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 25 Fév - 13:40

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Manu
T'as p'têtre l'horaire des boute-en-train
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 25 Fév - 17:30

Plutot élogieux ces articles !
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Adrien
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Sam 26 Fév - 16:16

Manu a écrit:
Plutot élogieux ces articles !

YES ! bounce
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PK
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 14:51

A lire dans le Monde de demain, ceux qui n'ont pas lu la fin de la Bio de Thiéfaine pourront apprendre dans les premières lignes ce qui s'est passé en 2008... :

Il a une journée chargée mais il est souriant et n'est pas pressé. Le chanteur Hubert-Félix Thiéfaine, 62 ans, a toujours une allure de rockeur : tout en noir, lunettes de soleil sur le nez. Le 30 août 2008, il a absorbé un mélange d'alcool et de médicaments qui a failli lui être fatal. Aujourd'hui, il publie un nouveau disque. Et, pour l'évoquer, il choisit ses mots, parle lentement d'une voix rauque, cite Ferré, Rimbaud ou Bergman.

Près de quarante ans de carrière, et presque pas de pause. Comment tenez-vous ?

Je n'ai pas tenu. Je me suis écroulé pendant la dernière tournée, et j'ai été hospitalisé. Mais c'était très bien, j'avais besoin de ça pour pouvoir me reposer. Ça m'a pris un an et demi. Et je me suis réveillé autrement, au volant d'une nouvelle vie. Avant, le rythme était assez intense. J'ai eu des années où je passais deux cents nuits dans une chambre d'hôtel. On ne sait plus qui on est, on devient un fou. Moi, j'étais au-delà. Aujourd'hui, je ne sais pas où j'habite, mais je n'ai jamais eu une vie calquée sur celle du Français moyen.

Sur votre album, on trouve des chansons assez rock et rythmées, et des ballades beaucoup plus calmes. Il est difficile de définir votre musique.

Je dirais que c'est "thiéfainien". Sans vouloir être prétentieux, je ne fais que répéter ce que les gens disent quand ils décrivent ma musique. J'ai compris très jeune, notamment grâce à Léo Ferré, que l'important n'est pas d'avoir les plus belles chansons ou un son comme tout le monde, mais c'est d'avoir son style. Dans les années 1970, je travaillais mes chansons jusqu'à sentir mon style. Je l'ai vraiment trouvé avec la chanson L'Ascenseur de 22 h 43 ; quand je l'ai finie, je me suis dit : "Ça, c'est moi, personne ne l'a fait avant !"

Cette écriture très surréaliste et libre, d'où vous vient-elle ?

L'écriture, c'est ma façon de penser, et d'être surtout. J'écris depuis l'âge de 10 ans, j'ai l'esprit complètement déformé par l'écriture de chansons. Je pense souvent en alexandrins, décasyllabes ou en rimes. Souvent il y des vers qui sortent tout seul, et je me dis : "Là, t'es encore en train de chanter." Je suis une sorte de limace qui sécrète des chansons dans sa trace.

Dans la presse, on vous qualifie souvent de "poète". Ça vous va ?

En France, pour être poète, il faut être mort. Mais aujourd'hui la poésie a besoin d'autres supports ; pour moi, les films de Jim Jarmusch ou de David Lynch sont de grands livres de poésie. Il peut y avoir de la poésie dans mes chansons, mais je suis chanteur avant tout, et pas "auteur-compositeur-interprète".

Dans "Suppléments de mensonge", vous avez composé certaines chansons avec JP Nataf ou Arman Méliès. Vous avez pourtant rarement travaillé avec d'autres artistes dans le passé.

Je fais toujours beaucoup d'expérimentation. En général, j'aime bien casser les outils de l'album précédent avant d'en faire un nouveau. Par exemple, partir à l'étranger pour me couper de la langue française, ou travailler avec d'autres personnes. Mais je ne leur confie que la musique. Les textes, pour moi, c'est comme une brosse à dents, ça ne se prête pas. Et puis j'ai des mots d'avance pour encore trois siècles !

Vous avez donc "cassé les outils de l'album précédent".

Chaque album représente une partie de ma vie, une balise. Pour Suppléments de mensonge, j'ai pris un virage, j'ai changé de cap. La façon dont j'ai travaillé pour cet album et dont je travaillerai dans les années à venir n'a plus rien à voir avec ce que je faisais avant. Je suis devenu beaucoup plus rigoureux, discipliné ; je vais plus loin. Ça reste du Thiéfaine, mais du Thiéfaine approfondi.

J'aime travailler les choses, je ne fais pas que du commerce de disques : je recherche la précision, je fignole. Un artiste devient vraiment bon quand il a ce sens du détail, le truc qui tue.

Vous citez beaucoup Ferré et certains poètes. Ces influences sont-elles toujours aussi présentes ?

Jusqu'en 1980, j'étais saturé de musique. Pour Léo Ferré, c'était devenu une urgence terrible de me débarrasser de lui. Je voulais faire du Thiéfaine, pas du Ferré. Puis j'ai eu le même problème avec Bob Dylan.

Maintenant, je n'écoute pratiquement plus de chansons, sinon j'ai l'impression de travailler encore. J'ai pris confiance en ma propre écriture, je n'ai plus besoin d'aller voir ailleurs ce qu'il se fait.

Avec cette longue carrière, vous n'avez jamais eu envie d'essayer autre chose ? Vous êtes un grand amateur de cinéma et de peinture.

Je n'ai pas envie d'aller me balader ailleurs. Je ramène tout à la chanson, je lui ai un peu tout donné. Il est hors de question que j'arrête aujourd'hui. Je serais un débutant dans toute autre matière.


Propos recueillis par Marie Pâris

Article paru dans l'édition du 01.03.11
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 15:03

Very Happy Very Happy

"Et puis j'ai des mots d'avance pour encore trois siècles !"

Bon, ben falloir vivre vieux si on veux le suivre jusqu'au bout ...

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Loreleï2
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 15:50

Very Happy
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 15:52

ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing
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Adrien
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 18:22

Yannig a écrit:
Very Happy Very Happy

"Et puis j'ai des mots d'avance pour encore trois siècles !"

Bon, ben falloir vivre vieux si on veux le suivre jusqu'au bout ...


J'en demande pas mieux, je suis débutant en la matière ! Smile
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Arabesque
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 19:03

Yannig a écrit:
ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing

punaise on va en fêter des quarantaines, au mois d'octobre Laughing
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 20:02

Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing

punaise on va en fêter des quarantaines, au mois d'octobre Laughing

C'est bien pour ça que j'ai réservé Bercy... y'aura même un chanteur qui fait des trucs plutôt pas mal...
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Arabesque
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 20:32

Yannig a écrit:
Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing

punaise on va en fêter des quarantaines, au mois d'octobre Laughing

C'est bien pour ça que j'ai réservé Bercy... y'aura même un chanteur qui fait des trucs plutôt pas mal...

et après on chantera "happy birthday to youuuuu" Cool
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 20:42

Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing

punaise on va en fêter des quarantaines, au mois d'octobre Laughing

C'est bien pour ça que j'ai réservé Bercy... y'aura même un chanteur qui fait des trucs plutôt pas mal...

et après on chantera "happy birthday to youuuuu" Cool

Le premier Bercy, c'était pour son anniversaire... le deuxième c'est pour le notre... chacun son tour...
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Arabesque
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 21:08

Yannig a écrit:
Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
Arabesque a écrit:
Yannig a écrit:
ça tombe bien, j'vais avoir l' âge d'exiger l'immortalité... Laughing

punaise on va en fêter des quarantaines, au mois d'octobre Laughing

C'est bien pour ça que j'ai réservé Bercy... y'aura même un chanteur qui fait des trucs plutôt pas mal...

et après on chantera "happy birthday to youuuuu" Cool

Le premier Bercy, c'était pour son anniversaire... le deuxième c'est pour le notre... chacun son tour...

hihi, oui, y a pas de raison!!! Wink
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 21:30

Ce soir il y a "Ce soir ou jamais", vous savez vers quelle heure il passe ?
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Adrien
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Fév - 21:34

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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mar 1 Mar - 7:23

Chat sur 20minutes.fr à partir de 15h. Enregistrement des questions depuis hier après-midi à cette adresse :

http://www.20minutes.fr/article/678091/chat-vous-interviewez-hubert-felix-thiefaine
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Adrien
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mar 1 Mar - 19:32

Le même lien permet d'accéder aux réponses qu'a données Hubert à nos questions cette après-midi. Rolling Eyes
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Adrien
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 2 Mar - 17:19

Thiéfaine l'antistar sort un 16e album


« J'ai failli m'arrêter en 1983. Certains me reprochaient de prendre du pouvoir, ça m'a bloqué. » Cette anecdote d'Hubert-Félix Thiéfaine résume bien le personnage, pas fait pour être célèbre... Ça tombe bien, il est resté marginal, boudé des grands médias audiovisuels.

Thiéfaine, 62 ans, sort aujourd'hui son 16e album, Supplément de mensonge, titre « trouvé chez Nietzsche, dans Le gai savoir. Ça m'a immédiatement fait flasher. » S'y mêlent des thèmes récurrents chez l'artiste : mélancolie, mort, amour...

Un très bon Thiéfaine. Quelques pépites d'écriture et des mélodies judicieusement choisies viennent habiller sa voix. Une écriture peu conventionnelle, qui surprend et peut même choquer. « Je viens bousculer le citoyen qui pense que, parce qu'il a une assurance chez Axa, il est tranquille », lance-t-il en évoquant Alligator 427, titre écrit à la fin des années 1970 et toujours demandé par ses fans pendant les concerts.

Leader d'opinion, Thiéfaine ? Il réfute : « Je suis un artiste. On aime ou pas ce que je fais. Si j'ai un pouvoir, c'est de donner du plaisir à ceux qui viennent me voir. Si le pouvoir, c'est les rendre heureux sans les rendre idiots, alors prenons le pouvoir ! »

« Je sécrète des chansons »

Heureux, les fans le seront lorsqu'ils entendront les morceaux les plus convaincants de l'album, que sont La Ruelle des morts ou Les ombres du soir, sa préférée. « J'ai aimé l'écrire. Je la prenais pour me chauffer la voix. Par moments, je sécrète des chansons. Il n'y a pas de contrôle sur une sécrétion. »

Côté musique, Thiéfaine a fait confiance à des compositeurs de la nouvelle génération, tels JP Nataf et Armand Méliès. Ce n'est pas la première fois qu'il laisse à d'autres le soin de s'occuper des mélodies. Il préfère se consacrer à ses textes. Il l'avait fait, en 2005, sur Scandale mélancolique, invoquant alors une façon de « casser ses habitudes ».

Un bonheur n'arrivant jamais seul pour les fans, une biographie actualisée et augmentée du chanteur accompagne la sortie de l'album. Signée Jean Théfaine, ancien journaliste à Ouest-France, ami d'Hubert-Félix Thiéfaine, elle retrace sa carrière avec précision. « C'est très difficile pour moi, ce genre de truc, reconnaît le chanteur. C'est vidant, traumatisant. J'aurais préféré qu'on fasse cela quand je serai mort... »

OUEST FRANCE

Vidéo où "HFT parle des nouvelles technologies" ci-dessous :


http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Thiefaine-l-antistar-sort-un-16e-album-_3639-1710758_actu.Htm
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Arnaud
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 4 Mar - 12:22

Superbe Interview sur RFI Musique...


Hubert-Félix Thiéfaine, cracheur de mots
Dernier album Suppléments de mensonge


Paris 04/03/2011 -
Avec son seixième album, Suppléments de Mensonge, H.-F. Thiéfaine offre un univers aux courbes féminines, délicates. Les chansons sont composées par Arman Méliès, La Casa, Ludéal ou JP Nataf... mais surtout, le rockeur réaffirme son goût des mots et des images, de la littérature et de la philosophie... Un disque de poète !

RFI Musique : Votre album s’intitule Suppléments de mensonge... Que signifie cette étrange expression ?
Il s’agit d’une formule de Nietzsche, piochée au beau milieu du Gai Savoir : une association incongrue, qui a séduit mon côté collectionneur de mots. Et puis, récemment, un cancérologue affirmait à la télé que son nouvel ouvrage disait exactement le contraire du précédent. Même en sciences, il n’y aurait donc ni vérité, ni mensonges, seulement une frontière ténue entre les deux. J’aime les menteurs, surtout les menteuses. Chez les femmes, ce petit arrangement avec la réalité constitue une seconde nature – maquillage, talons... Cette fascination pour les "enjoliveurs" s’explique surtout par ma propre incapacité à mentir : avec mes yeux clairs, j’ai toujours l’impression qu’on voit mon cerveau, que des clignotants rouges s’allument lorsque je mens. Je me sens donc complexé, je dis toujours la vérité, mets les pieds dans le plat et casse l’ambiance...

Ecrire des chansons, n’est-ce pas justement une manière de mentir pour rejoindre la vérité ?
Au départ, j’ai composé des chansons parce que je n’arrivais pas à m’exprimer : je bégayais, je ne savais pas construire de discours, ni élaborer des phrases (mes textes constituent des suites de mots, d’images brutes...). Avec les chansons, j’ai pu briser ces barrières, effacer les tabous, retrouver ma liberté. Avec la même matière – les mots –, je secrète une sorte d’autobiographie mensongère et lyrique, au plus proche de la vérité. Lorsqu’on s’approprie un autre langage, on devient disponible pour raconter le Vrai, traverser les miroirs...

Votre dernier album, Scandale Mélancolique, date de 2005. Qu’avez-vous fait depuis ?
Dans ce laps de temps, j’ai composé intégralement un autre disque, Itinéraire d’un naufragé, jamais édité. J’ai aussi collaboré avec Paul Personne. Ce qui, au départ, devait n’être qu’une parenthèse pour l’enregistrement de son album, s’est transformé en succession de concerts, festivals, sessions promo... J’étais épuisé, moralement et physiquement : la machine a cassé avant la fin de la tournée. On m’a mis en vacances forcées cinq mois, et j’ai consacré le reste de l’année à reprendre souffle, à reverdir pour secréter de nouvelles chansons, dans une forme de résurrection. Après ce burn out, je n’avais pas envie de reprendre cet Itinéraire... J’avais soif d’avenir, besoin d’écrire des textes plus positifs, de consacrer mon énergie à de nouvelles explorations.


Dans votre livret, présenté comme un recueil de poèmes, avec des citations de Catulle, Tolstoï, Aloysius Bertrand... vous apparaissez aux côtés d’un corbeau, oiseau annonciateur de la mort...
De même que le crâne représente Shakespeare, le corbeau symbolise pour moi Edgar Poe. On le retrouve aussi chez Rimbaud, Van Gogh, Ferré, et chez certains poètes de la beat generation. Dans mon imaginaire, il incarne la poésie. Or, qui ose parler de la mort, hormis le poète ? Si je tenais bien mon rôle de chanteur de variété, j’aurais choisi un cygne, un perroquet, une hirondelle, symboles consensuels. Mais je n’ai jamais écrit pour être joyeux. Quand j’écoute Ferré, je ne vais pas chercher la gaîté, mais quelqu’un qui partage des moments de tristesse, de solitude, quelqu’un qui puisse être un support moral, autant qu’un tremplin vers le bonheur.

Lors de plusieurs interviews, vous avez avoué : "mon vrai luxe, c’est le silence" ? Y’a-t-il un recul de la musique dans votre vie au profit de la poésie ?
Je dispose d’énormément de temps et d’espace, ce qui permet de lire beaucoup, de goûter le silence et les voyages au fil des pages, plutôt que de s’abîmer dans une vie excessive. La lecture d’Homère constitue par exemple un merveilleux périple... Après mon burn out, j’ai été obligé de suivre une cure de désintoxication. Et comme le raconte l’auteur de polars américain James Crumley : c’est infernal tout ce qu’on peut lire quand on arrête de picoler ! La poésie et l’alcool procurent la même ivresse, les mêmes rêves !

Vous avez confié la composition musicale de vos chansons à d’autres (JP Nataf, Arman Méliès, Ludéal...), pour pouvoir vous concentrer sur l’écriture des textes. Quel rapport avez-vous aux mots ?
J’ai essayé d’écrire autre chose que des chansons : pièces de théâtre, nouvelles, bouts de romans... En vain. Je ne suis fait ni pour la phrase, ni pour la prose. J’aime balancer des images en crachant des mots, au plus proche de l’oralité, à la manière d’un Céline, d’un Joyce, d’un Artaud ou d’un Lautréamont. Quand on a goûté à la littérature, on essaie de repousser au plus loin les limites des mots, de trouver une langue pour toucher l’essence du monde.

Y’a-t-il alors une sorte d’acte divinatoire dans l’écriture ?
Dès lors qu’on s’isole pour secréter des mots, on finit par perdre de vue cette solitude : un moment magique, une transe, hors du temps et de toute norme, qui fait que l’on oublie les heures passées devant la page blanche pour accéder au miracle. Les mots se débrouillent entre eux. On devient médium, issu de l’avenir et dirigé vers le futur.

Vous avez grandi au travers de vos chansons... Quel bilan en tirez-vous ?
A la manière du facteur Cheval, qui ramenait ses trésors de tournée pour bâtir son "palais idéal", ou d’un Dylan, auteur de l’album Bringing it all back home ("En ramenant tout cela à la maison"), je glane les matières qui forgent celle de mes chansons, balises posées ça et là, qui content mon existence. Il y a donc un lien au futur, mais aussi une relation au passé, en même temps qu’une très forte connexion au présent...
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Arnaud
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 4 Mar - 19:12

Une autre interview intéressante de La Marseillaise.fr

HUBERT PHÉNIX THIÉFAINE
01-03-2011
Dernière mise à jour : ( 02-03-2011 )

« On n’est pas là pour faire un "métier", on est là pour prendre des risques, se brûler parfois les ailes, imposer sa personnalité ». YANN ORHAN

Ses magnifiques « Suppléments de mensonge » sont depuis lundi dans les bacs. Et il prépare une tournée qui passera par Bercy, Marseille et Montpellier. Interview.

Six ans que ses fans l’attendaient. L’album, dont le titre Suppléments de mensonge est emprunté à Nietzsche et à son Gai savoir, est enfin là, pas forcément très « gai » mais bien vivant. Une nouvelle salve de 12 joyaux, qui vient, plus de 30 ans après les débuts du poète-rockeur, confirmer son statut enviable de rejeton très légitime de Ferré, Rimbaud, Dylan et des Rolling Stones. Réalisé par Edith Fambuena et Jean-Louis Pierrot (qui ont, parmi leurs hauts faits d’armes, signé les meilleurs albums d’Etienne Daho et surtout la Fantaisie militaire de Bashung), et marqué par des collaborations avec la fine fleur du paysage chansonnier et rock hexagonal, l’opus est empreint d’une Fièvre résurrectionnelle plus bluesy que rock et regorge de trouvailles textuelles étonnantes -dont la Vamp orchidoclaste qui n’a de « brise-burnes » que le nom…
Pour La Marseillaise, il revient sur ces nouvelles collaborations, sa « résurrection » et ses retrouvailles programmées, à Bercy et en tournée, avec son public fidèle.


A chacun de vos albums, le même effet : une nouvelle génération vous découvre, se plonge dans les précédents albums, et vient remplir les zéniths pour vos concerts. C’est un phénomène dont vous avez conscience ?
On me le dit souvent, oui, et cela se vérifie lors des concerts, où une grande partie du public n’était pas née lorsque j’ai débuté !... C’est une vraie fierté, ça a beaucoup plus de signification d’avoir ce public-là plutôt qu’un public qui viendrait parce que la télé parle de moi… Je me construis seul…


Seul, mais en choisissant minutieusement des collaborateurs ; après avoir travaillé presque en famille, avec un cercle de fidèles (Claude Mairet, Tony Carbonare), vous semblez avoir décidé, depuis Scandale mélodique de confier vos textes à d’autres compositeurs que vous ne connaissez parfois que très peu. Après Mickey3D, Cali ou Jeremy Kisling, on trouve dans ces Suppléments de mensonge les noms de JP Nataf, Arman Meliès, La Casa, Ludéal ou Dalcan ; est-ce un besoin d’injecter du « son neuf » ? Comment se font ces choix ?
C’est une démarche nécessaire, une façon d’aller plus loin, d’ouvrir d’autres portes, de casser les outils de travail pour en inventer d’autres. Depuis les années 90, et l’album Défloration13, je veux élargir mon monde.
Concrètement, je donne des textes à mon directeur artistique, qui connaît beaucoup de monde, pense à tel ou tel artiste ; quand ça revient, je sélectionne les musiques dans lesquelles je pense le mieux pouvoir me glisser ; il en s’agit plus alors de musiques ni de textes : le but c’est que cela devienne des chansons. La rencontre avec le compositeur n’est pas nécessaire, je n’en ai pas besoin pour m’approprier la mélodie ; c’est quelque chose de très personnel, décortiquer une chanson pour lui donner mon mood, et c’est une chose que j’ai « apprise » lors de la tournée « en solitaire » en 2004, quand j’essayais de trafiquer des chansons peu connues de Brel, Ferré, Dylan ou Brassens et que je tentais de faire croire aux jeunes spectateurs qu’elles étaient de moi…

Pour la réalisation de ce nouvel album, vous avez fait appel à Jean-Louis Pierot et Edith Fambuena ; sauf erreur, c’est la première fois que vous confiez cette mission et vos « guitares » à une femme… C’était une volonté ?
Tout à fait. Au-delà du talent d’Edith et de ses qualités largement reconnues dans le métier, je voulais avoir le regard et l’écoute d’une femme musicienne sur ces textes qui me semblaient très différents de ceux que j’ai pu écrire par le passé ; plus sensibles, moins « cow-boy ». Je trouvais ça cohérent.

A l’écoute de cet album et de la biographie très détaillée que vous dédie Jean Théfaine, on ne peut pas passer outre la date du 30 août 2008 ; date à laquelle vous avez failli quitter ce monde et qui marque, selon vos propres termes, votre renaissance, après un long parcours pour vous libérer de l’alcoolisme. Un album était alors en préparation ; deux chansons sur cet album sont « rescapées » de cette période, Garbo XW Machine et Petit matin 4.10 heure d’été ; pourquoi celles-là ?
Il y en avait une autre, Annihilation parue sur le coffret 3 CD Séquelles… Ce n’est pas quelque chose de réfléchi, il m’a semblé que, à ce moment-là, ces chansons avaient leur place sur ce nouvel album ; peut-être d’autres reviendront plus tard…

Quand on plonge dans les textes, Lobotomy sporting club en particulier mais aussi les citations (de Dagerman, Whitman, Aristote…), votre part d’ombre, la présence de la mort, les démons de l’alcool et de la solitude, sont toujours aussi présents…
Ce n’est pas parce que je contrôle désormais à peu près la situation que je suis devenu, tout d’un coup, « positif »… Ce qui a changé, c’est que j’ai désormais beaucoup plus d’espace « libre » dans mon esprit, j’arrive mieux à jauger les situations, je suis un peu moins flippé, mais les démons sont toujours là. Vous parlez de Lobotomy sporting club, je me rends compte aujourd’hui de l’influence effectivement « célinienne » de ce texte très haché.
Mais il n’y a pas que du sombre, du morbide, il y a aussi des choses que je trouve drôles. J’ai aussi, et depuis toujours, un côté gamin…

Comme Quebec november hotel, où vous retrouvez l’accent québécois de La vierge au dodge 51, parue en 1979 ?
(rire) En fait d’accent québécois, c’est plutôt l’accent de quelqu’un qui imiterait l’accent québécois… C’était un jeu au départ, une soirée cabaret avec une chanteuse québécoise, avec qui on s’amusait à parodier nos accents et nos expressions…

Le titre de la tournée, qui passera par Bercy le 22 octobre et par Marseille et Montpellier les 25 et 30 novembre, Homo plebis ultimae tour a effrayé quelques fans. Heureusement, cette expression piochée chez Sénèque (De la constance du sage) signifie apparemment « le dernier homme du peuple ». Ce ne serait donc pas la dernière tournée…
Je ne suis pas là pour expliquer, ni pour rassurer qui que ce soit (sourire)…


Comment êtes-vous en train de construire ce nouveau show ?
Quant au spectacle, il est encore trop tôt pour dire quoi que ce soit, mis à part qu’on a une idée assez précise des musiciens qui feront la route avec moi, et qui ne seront pas ceux de l’album, la plupart étaient déjà engagés auprès d’autres artistes… Sur le choix des chansons, cela dépendra de la façon dont ces chansons-là seront reçues par le public, mais aussi des désirs des fans, de mon entourage, de mon propre plaisir aussi.


Parmi les remerciements, outre votre fils Hugo et des fidèles comme Matmatah, on retrouve notamment les noms de Saez, Ghinzu, Brian Molko… Des artistes qui auraient pu être au « générique » de l’album ?
Il s’agit surtout de rencontres, de gens que j’ai croisés et que j’aime bien, qui m’ont soutenu aussi… Ecrire des musiques, ils auraient pu le faire mais ils n’étaient pas forcément libres, mais peu importe, encore une fois, ce sont des rencontres. Saez, par exemple, est un garçon que j’aime beaucoup, et qui me rappelle parfois celui que j’ai pu être, dans son refus des conventions, dans une certaine agressivité aussi, dans les erreurs parfois… Comme lui, je pense qu’on n’est pas là pour faire un « métier », qu’on est là pour prendre des risques, se brûler parfois les ailes, imposer sa personnalité. Il est comme ça, il s’impose. Et puis c’est indéniablement un excellent musicien.


Si votre épaisse biographie signale un concert mémorable de Ferré à Aix-en-Provence, Marseille apparaît apparemment peu dans votre parcours. Vous y avez des souvenirs marquants ?
Des concerts, des rencontres, oui. Mais j’ai surtout connu Marseille dans les années 70, à l’époque de Vendôme Gardenal Snack, un peu sulfureux, quoi… J’y ai pas mal zoné, étudiant, et je courais déjà après Les filles du sud…

Après l’avoir parfois chanté sur scène, lors de soirées spéciales ou de festivals, quand vous déciderez-vous à consacrer un album à Léo Ferré, vous qui êtes sûrement le plus légitime ?
Ca a déjà été tellement fait… Non, je me réserve le plaisir de chanter ses textes comme ça, à l’occasion, ici ou là…


Sur la prochaine tournée, par exemple ?
Non, pas là. J’ai déjà tellement de mal à faire un choix parmi mes chansons…


Votre dernier coup de cœur ?
C’est-à-dire ?


Souvent, il s’agit d’un roman, d’un disque, d’un artiste.. de quelque chose que vous avez aimé, récemment…
Là, comme ça, je dirais Infra, de Max Richter. J’écoute peu de musique et essentiellement du jazz, du classique, et de la musique contemporaine. Ce disque-là de Richter est une vraie réussite.


Votre dernier coup de blues ?
C’était en studio, un moment de panique, où l’on se dit qu’on ne s’en sortira pas. A chaque fois, il y a un moment, souvent au milieu de la fabrication où ça dysfonctionne ; là c’était au moment du mixage, mais on a trouvé une solution…


Votre dernier coup de sang ? Avec votre regard de révolté, on imagine que ça se situe du côté des révolutions dans le monde arabe…
Détrompez-vous, je ne suis qu’un chanteur et je suis comme la plupart des gens, assez ignorant sur la question. La Tunisie, je l’ai un peu connue du temps de Bourguiba, c’était pas très brillant, mais je croyais naïvement que ça allait mieux… Faut croire que je me trompais. Alors j’attends de voir, j’ai le sentiment que ces révolutions sont menées et soutenues par des intellectuels, des démocrates, des gens qui sont a priori proches de nous, donc je garde espoir, mais il y a toujours, quelque part, la peur de guerres de religions, de l’intégrisme, des inquisitions. Face à ça, on se sent assez impuissant…


Votre dernier coup de sang, alors ?
Mon dernier coup de sang, ma dernière colère, j’essaye de la reporter tout le temps… J’essaye sans cesse de me calmer et, croyez-moi, ce n’est pas simple…


PROPOS RECUEILLIS PAR DENIS BONNEVILLE
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Yannig
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 4 Mar - 19:23

Merci Arnaud...
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Arnaud
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Sam 5 Mar - 9:25

L'Est Républicain - 05/03/2011 (édition papier)

Über-Félix Thiéfaine


« Je toffe les runs ». Traduction du québécois : « Je tiens le coup envers et contre tous ». Utilisée dans « Québec November Hotel », un des titres du seizième album d’Hubert-Félix Thiéfaine, cette expression pourrait signifier : sa longévité malgré les maux, les mauvaises passes, la frilosité des médias et de l’industrie du disque, eux qui ont toujours regardé d’un drôle d’œil ce poète-rock iconoclaste, un brin scandaleux. Bientôt trente-cinq ans qu’il est inclassable, pas démodé mais évoluant hors des circuits traditionnels et soutenu par une base de fans, fidèle et très active.

Il est trop tard pour parler d’album-vérité, mais ces « Suppléments de mensonge » (titre « volé » au Gai Savoir de Nietzsche) reflètent une mise à nu, à l’image du cliché « intemporel » de la pochette, digne d’Iggy Pop.

« Je n’ai pas envie d’être un has-been, ni un never-been »
Pour ce disque ambitieux, une renaissance, après une période difficile marquée en 2008 par un gros coup de fatigue, c’est sa « part de féminité » qui a repris le dessus. La tendresse (bordel ?), les pastels, la délicatesse ont percé « la carapace de cow-boy » derrière laquelle il s’est longtemps caché. « C’est le mensonge féminin que je préfère, il est le plus charmant ». Thiéfaine imaginait donc une femme pour habiller sa poésie mélancolique, teintée de surréalisme baudelairien et riche en métaphores. « Édith Fambuena semblait la mieux placée » pour les arrangements. Avec Jean-Louis Pierot, son alter-ego des Valentins, duo qui a collaboré avec Bashung, Miossec, Birkin, ils obtiennent « les clefs de la maison ». La jeune classe de la chanson française (Arman Méliès, JP Nataf…) est sollicitée pour les compositions.

Le résultat final le laisse d’abord un peu sceptique, il l’avoue. La crainte d’être « sur le fil du rasoir », de trop quitter le rock’n’roll et « glisser vers la variété ». C’est donc lui qui met la touche finale. Et le résultat est éblouissant, entre envolées rock et ballades mélancoliques - les plus réussies - comme « Annabel Lee », « Petit Matin… », « Infinitives voiles », ou « La ruelle des morts », ballade nostalgique en pays dolois qui s’appuie, comme chez Bergman, sur « un chaud et froid », un clair-obscur des sentiments thiéfainiens.

Thiéfaine über alles ? L’album apparaît peut-être plus accessible, sans que ce soit péjoratif. HFT s’en réjouit. « Ça ne peut pas être gênant : je n’ai pas envie d’être un has-been, ni un never-been. Donc bienvenue aux nouveaux ! »

Ces « Suppléments de mensonge » promulguent une autre vérité : HFT a été « oublié » durant des années, et il pourrait enfin récolter les fruits de sa passion. Il a même de quoi séduire les jeunes, plus seulement les quinquas baba-cool des seventies. Nostalgiques du Larzac s’abstenir. Car s’il lâche « Les ombres du soir » baignées de son Jura natal, il garde l’â(r)me (à gauche) résolument urbaine, dans un esprit très Brett Easton Ellis. Un carnet de notes grattées en ville, pas au milieu des champs. « La campagne, ça me repose. Mais je n’ai pas grand-chose à en dire, sinon d’en jouir quand j’y suis ».

L’auteur de « Soleil cherche futur » avance, « sinon, dans ce métier-là, on recule ». Sans crainte, même de la notoriété. « Je n’ai pas fui la célébrité. J’y ai même été franchement, dans la lumière. Sur scène, j’oubliais, j’étais Mick Jagger, ne me faites pas chier, m’emmerdez pas ! »

Xavier FRERE
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Sam 5 Mar - 9:31

L'Est Républicain - Interview - 04/03/2011


Thiéfaine : « Je n'ai pas envie d'être un has-been, ni un never-been»

Pourquoi ce titre «Suppléments de mensonge» ? Il vous en reste à donner ?
Je l'ai volé à Nietzsche, dans le «Gai Savoir». En face de mensonge au singulier, il y a la vérité. De mon point de vue, la vérité, il n'y en a plus. Je ne suis même pas sûr de vivre dans la réalité. Ne m'envoyez pas vos gourous, vos hommes politiques, je n'y crois plus. Je me souviens de l'interview d'un cancérologue qui avouait, à la radio, que son bouquin écrit il y a 5 ans, était truffé d'erreurs...Il n'y a pas de vérité, on a tout entendu et son contraire !

Vous êtes ou avez été un «menteur» ?
Pourquoi pas le mensonge, parce qu'on n'a pas la vérité ? Moi, je suis incapable de mentir. Je suis mal à l'aise dans une société qui ne vit que sur un mensonge. J'ai les yeux un peu trop clair, on voit mon cerveau à travers, et quand je mens il y a des lumières rouges qui clignotent et qui affichent ''menteur''. Mais il y a des menteurs qui méritent un salaire...Ce que j'aime par-dessus tout, ce sont les menteuses. Les femmes savent mentir merveilleusement, dès l'adolescence : elles se maquillent, mettent des hauts talons. C'est le mensonge que je préfère, c'est le plus charmant, le plus doux.

Se mettre à nu sur la pochette de l'album, est-ce une façon de dire «je ne mens pas» ?
La pochette, c'est effectivement une suite logique, une mise à nu, oui. On y est allé au feeling. En 1998, sur l'affiche de concert, j'étais en costume et de dos. C'était une réponse : à nu de face cette fois. Et puis, à Taratata, on s'était foutu de ma gueule pour ma tenue, alors là, on ne pourra pas m'emmerder. Je voulais aussi ce coté intemporel.

« Je suis perfectionniste et ça vient avec le plaisir d'écrire»

Cette «Ruelle des morts» (titre du single et du premier titre de l'album), c'est autobiographique ?
Elle est intéressante, cette chanson, elle est symbolique du reste de l'album. Elle n'est pas triste, il fait beau, des enfants font cueillir des mures, c'est bucolique, mais la rue s'appelle «Ruelle des morts». C'est un chaud et froid. ça part comme le club des cinq en vacances, et le nom de cette rue, qui a vraiment existé dans la rue de Dole, ramène à la dure réalité. Le texte fait le reste. Je fais de la chanson, et le français, contrairement à l'anglais, est une langue assez difficile à mettre en musique : on est obligé de travailler, de dire quelque chose...


Quelle est la part d'autobiographie dans ces «Suppléments de mensonge» ?
Même si je raconte des fantasmes, c'est presque autobiographique. On en revient à la vérité et au mensonge.C'est ma réalité, donc ma vérité. Je pense à certains auteurs, en étant autobiographiques, ils sont déjà chiants, alors si en plus, ils ne le sont pas du tout, qu'est-ce qu'ils vont écrire ?

Brett Easton Ellis a su très bien jouer de ça, ce n'est pas comme celui qui a écrit «Alabama song» et obtenu le Goncourt (Gilles Leroy en 2007, NDLR). Cet «enfoiré» s'est inspiré de la vie de Zelda Fitzgerald, ça n'a aucun sens. Où est la vérité ? C'est comme le film sur Gainsbourg (« Gainsbourg, vie héroïque) primé récemment aux Césars, NDLR), ça m'énerve. Je préfère aujourd'hui de vrais «bios». Il faut savoir faire des trucs de fiction à partir de choses réelles, j'en ai fait dans les années 70 des «bios», elles étaient déjà détournées...

Vous considérez-vous encore comme un chanteur, un raconteur ?
Je suis un cinéaste, un peintre. Je mets beaucoup de décors dans mes chansons. C'est le détail qui fait la différence, comme au cinéma. Comme chez un Bergman, où sa grande poésie se dissimule entre ombres et lumières, en clair-obscur. Je suis perfectionniste, et ça vient avec le plaisir d'écrire. Pour «Québec November Hôtel», par exemple, j'ai téléphoné au président de l'aérodrome de Gap, propriétaire d'un gros avion Dornier, pour savoir précisément comment était le compte-tours. Dans la chanson, au départ, j'avais écrit 3.600 tours. Quatre mecs pas plus auraient remarqué l'erreur...Il m'a dit que c'était 2.700 finalement. Alors j'ai changé. Même démarche pour le tableau «Compartiment C voiture 293 Edward Hopper 1938», j'ai eu un doute sur le numéro de la voiture, j'ai appelé le musée à Baltimore. Si j'avais suivi une pente normale, j'aurais fait des études d'histoire, pas de psychologie.

« Avant je me cachais derrière une carapace de cow-boy»

Vous dites travailler également comme un «voyeur», c'est à dire ?
C'est à dire que je m'intéresse aux autres. Je suis un voyeur en tant qu'artiste, en essayant d'imaginer la vie des gens que je croise, que j'aperçois. Je le fais surtout dans les périodes où je bourlingue, où je suis seul car j'aime ma solitude. C'est autant de chansons qui se préparent, on devient le dialoguiste à côté du scénariste.

Quelle a été la méthode de travail sur cet album ?
Quand j'ai fini d'écrire, que j'ai toutes les mélodies -j'ai enlevé tous les arrangements- je prenais ma guitare et je remettais tout dans ma chanson. Je sais, à cet instant précis, si ça peut être une chanson de Thiéfaine ou pas. Personnellement, en analysant mon album, j'aimerais encore aller plus loin sur la voix. Mais ça reste subjectif. J'ai en tout cas voulu utiliser une grande part de ma féminité, alors qu'avant que je me cachais derrière une carapace de cow-boy. Là, je voulais de la tendresse, la douceur, les pastels, de la délicatesse. Donc je voulais une réalisatrice pour les arrangements ! On a cherché une fille et Edith Fambuena semblait la mieux placée...Elle m'a présentée son complice Jean-Louis. je lui ai dit : «T'as les clefs de la maison maintenant !»

Avez-vous été immédiatement séduit par le résultat en «laissant les clés de la maison» ?
J'ai été très «surpris» des cinq premiers titres, sachant que si on partait dans ce sens-là, on était sur le fil du rasoir. Soit on restait rock'n'roll, soit on appuyait sur les cordes et le danger était de tomber dans la variété. C'est pour ça qu'il y a une version fantôme qui se cache (en fin d'album, NDLR), je les aimais trop ces cordes de Jean-François Berger. Edith et Jean-Louis ne voulaient pas que je vienne au mixage...J'ai accepté, mais au final, je n'ai pas aimé les mix et donc j'ai finalisé l'histoire, avec leur aval... On est entré en studio avec 19 titres, il y en a eu 12 à mixer, ça a été très vite. Les morceaux restants ne sont pas à jeter, je les réutiliserai peut-être...

« Je sais enfin qui je suis»

C'est un chemin douloureux le processus de création chez Thiéfaine ?
Dans chaque album, j'ai connu des moments de panique. Sur beaucoup de la réalisation de mes albums, ça démarre bien et puis il y a une chute, physiquement c'est dur...Parfois, on avait des rythmiques superbes, mais on ne pouvait rien mettre dessus...Quand le résultat nous plait vraiment, il y a derrière de la souffrance, du travail. En tournée, c'est parfois pire : on a trois problèmes par jour à régler ! Certaines personnes, c'est trois par an. Nous avons tant de choix à faire aujourd'hui en tant qu'artiste, notre quotidien, les gens ne le connaissent pas du tout. Et que dire des droits d'artiste, d'Hadopi, etc...

Est-ce facile pour un artiste d'expérience de se laisser aiguiller dans les compositions par une jeune classe, composée de La Casa, JP Nataf, Arman Méliès...
Autant ouvrir l'espace. J'aime travailler avec des plus jeunes qui voient les choses différemment, qui utilise les nouvelles technologies. Il faut utiliser cette énergie des jeunes. Je ne suis pas du style à dire : vous êtes jeunes, vous êtes cons. Ce qu'ils font est intéressant et important...

C'est difficile d'apparaitre comme un «exemple», comme une sorte d'icône pour toute une jeune vague d'artistes ?
C'est un peu lourd à porter. Autant je crois que je commence à me connaitre bien moi même, comme disait Socrate cité par Platon). J'ai passé à ma vie à me chercher, à mieux me connaitre. Je sais qui je suis enfin, mais je n'ai aucune idée de ce que je représente socialement. J'entends parler de moi, mais je reste un solitaire. Je traverse la vie comme je traversais les cours de classe sans trop écouter le prof, en rêvassant en écoutant ce que je me raconte, en posant les questions sans avoir écouté les réponses...

Cet album n'est-il pas plus accessible que les précédents ? Vous pensez qu'il peut toucher un nouveau public ?
J'entends dire ça, oui ! S'il est plus accessible, ça ne peut pas être gênant : j'ai pas envie d'être un has-been, ni un never-been ! Donc bienvenue aux nouveaux. On fera comme d'habitude, on prendra les bonnes décisions au bon moment, «à quoi ça sert de se faire du souci pour l'avenir», dirait Sénèque.

Etre reconnu, être célèbre, vous l'aviez envisagé à vos débuts ? Ce statut ne vous fait pas peur...
J'ai toujours essayé de vivre normalement, c'est ça que je veux garder. La première fois de ma vie, où j'ai senti que ma vie était confortable, c'était dans les années 80 à Paris. J'avais un toit, une vieille bagnole tordue Ford Taunus que j'ai revendue pour acheter acheté une Polo, j'allais au restaurant. J'avais de quoi vivre, je vivais, j'étais bien. Je vis de ma musique, j'ai ce que je voulais. Et dans ce métier, quand on n'avance pas, on recule...Je ne désirais pas être connu, je voulais avoir ma vie, c'est tout. Mais je n'ai pas fui la célébrité, j'y ai été franchement même dans la lumière...Une fois sur scène, j'oubliais, là, j'étais Mick Jagger, me faites pas chier, m'emmerdez pas... Quand je redescendais, je redevenais moi-même, le petit mec qui avait zoné durant dix ans. Sur scène, je ne joue pas un personnage, mais c'est quand même une marionnette qui est porteur de moi. Il se passe autre chose, on devient acteur et musicien, mais je reste l'auteur compositeur, à partir de mes angoisses, de ma vie, de mes joies. Quand je descends de scène, j'enlève le maquillage, et je redeviens celui que tu vois...

Comment vous préparez-vous à repartir dans une tournée marathon ?
J'ai le même état d'esprit que quand j'ai monté mon premier groupe. C'est la magie de la rencontre avec le public qui vient mettre le reste après...Si on l'a bien préparé, bien travaillé, c'est ensuite au public de prendre le relais, mais à ce stade, en parler sans la musique c'est dérisoire..

« Je ne vends pas mes disques aux chevreuils»

Quel regard portez-vous sur la dématérialisation de la musique, cette révolution musicale via l'internet, comme Radiohead qui vend par exemple son album en direct, du producteur au consommateur ?

Radiohead a bien su mener sa barque, ils sont très pointus dans ce domaine-là, pourquoi pas ? Mes gosses me traitent d'autiste informatique, ils ont raison. Eux sont nés dedans, je leur ai donné aussi les armes pour être dedans...On ne peut plus être un musicien aujourd'hui sans brancher son ordi, ni la guitare quand même.

La dématérialisation, c'est différent entre les nouveaux groupes et une partie de mon public qui fonctionne encore avec l'objet, avec le disque : c'est important les symboles, la mythologie, d'avoir sa propre histoire. On ne la bouscule pas impunément, il faut aller à l'instinct, pas seulement au ratio. Mais tout est possible aujourd'hui. Je dirais à un jeune : tu peux tout faire dans ta cave, et même seulement avec un casque, tu peux bosser !




Dernière question : qu'y-a-t-il du département de vos racines, le Jura, dans cet album ?
Du Jura, il y en a un peu : les «Ombres du soir», je l'ai écrite dans le Jura et sans prendre de notes. J'aime beaucoup le Jura, la campagne, les forêts, c'est génial. ça me repose, j'aime le silence, la solitude, mais j'apporte mes carnets de notes, et les notes je les prends en ville là où je vois les gens défiler. Je ne vends pas mes disques aux chevreuils. La campagne, j'avais essayé de la chanter dans «Joli mai mois de Marie» sur Défloration 13. Les journalistes me demandaient : «Pourquoi tes chansons sont si urbaines, toi qui aimes tant la nature ?»

Et vous avez répondu ?

Pour cette chanson-là, je me souviens de la forêt, avec des feuilles toutes belles, des oiseaux, un mois de mai sous le soleil, dans le Jura, que des bruits de nature. Je prenais mon café. J'ai donc essayé d'écrire sur les oiseaux. Et je me suis dit : on ne peut pas être aussi con pour écrire ça. J'ai tout fait pour avancer sur cette p... de chanson, sur la campagne, j'étais coincé, je me suis mis en colère, j'ai barré tous les noms d'oiseaux et les ai remplacés par des conneries...

C'est définitif, je n'arrive pas à la chanter. Je n'ai pas grand chose à dire de la campagne, sinon d'en jouir quand j'y suis, écouter ses êtres et contempler.



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