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Forum consacré à Hubert-Félix Thiéfaine.
 
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 Thiéfaine dans la presse et sur le net

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Arabesque
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Mar - 19:27

superbe.merci.
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 28 Mar - 19:55

Le dernier article est vraiment très intéressant, merci !

Et j'ajoute avec 2 magnifiques photos.
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Loreleï2
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 8:41

http://www.lesoir.be/culture/musiques/2011-03-30/hubert-felix-thiefaine-le-menteur-nu-831273.php

Hubert-Félix Thiéfaine, le menteur nu


Thiéfaine nous revient avec un seizième album où il se met à nu, au propre comme au figuré. Rencontre avec l'animal.





Ce n’est pas parce qu’il se met à nu dans son nouvel album qu’Hubert-Félix, qui a le corps beau, perd des plumes© YANN ORHAN

Hubert-Félix Thiéfaine : un nom, une valeur sûre de la chanson française teintée rock. À l'heure où paraît son seizième album studio, Suppléments de mensonge, il annonce un Paris-Bercy pour le 22 octobre 2011, treize ans après avoir rempli une première fois la plus grande salle parisienne de concerts. Tout cela sans tapage médiatique – on ne le voit pour ainsi dire jamais à la télévision et les radios le diffusent peu – mais grâce à la fidélité d'un public aimant par-dessus tout son intégrité et ses chansons aux thèmes fédérateurs.

Sur son dernier album, Hubert-Félix, 62 piges, pose torse nu et nous refile un supplément de mensonges s'ouvrant par « La rue des morts », un souvenir d'enfance dans le Jura. Originaire de Dole, il a fui Paris où il a fait ses débuts en 1971 et vit dorénavant au calme, dans la nature : « Mon luxe est le silence et la solitude, dit-il. J'ai autour de moi 25.000 hectares de forêt, des chevreuils et des sangliers. On est toujours un peu exilé. Cette maison, c'est un rêve, après avoir beaucoup tourné. “La ruelle des morts” a vraiment existé. J'avais 4 ans quand je la dévalais. Elle n'existe plus. J'ai voulu savoir pourquoi elle s'appelait ainsi. »

Hubert-Félix se met à nu dans ce disque qu'il estime très féminin, comme le pendant discographique d'un film de François Truffaut : « Je m'en suis rendu compte en faisant la maquette du disque. Il y avait une délicatesse, une tendresse, de la douceur provenant de ma part féminine. C'est pour ça que j'ai voulu que le disque soit réalisé par une femme. J'avais beaucoup aimé l'album de La Grande Sophie produit par Edith Fambuena qui m'a présenté Jean-Louis Piérot avec qui elle a formé les Valentins. Je l'ignorais totalement. »

Son corps, que Thiéfaine exhibe sans honte, l'a lâché et l'a envoyé pour trois mois à l'hôpital suivi d'un an de convalescence : « J'ai fait un burn-out. Mon corps s'est révolté. Ça a cassé. Je travaillais trop, j'oubliais de partir en vacances, sans parler de tous les excès qui font partie de la vie en tournée. C'est stressant, une tournée. On est en permanence dans l'attente de quelque chose. Et puis, j'ai toujours le trac, générateur de stress. Dès que je monte dans la voiture pour aller dans la ville suivante, je suis mal et ça augmente au fur et à mesure que je m'approche de la ville en question. Je vomis souvent, comme Brel, paraît-il. Ça disparaît peu avant 20 heures, quand je rentre dans ma loge. Je vis avec ça. Mais j'y vois quelque chose de positif pour le show, c'est une forme de concentration. Là, j'ai mis mon corps à nu alors qu'avant, j'avançais masqué. C'est aussi un clin d'œil à l'affiche de Bercy qui me montrait en costume, de dos. »

La mort, la folie, les drogues, le monde… restent ses sujets de prédilection, avec, souvent, de la prémonition : « Je suis dans le futur sans m'en rendre compte. C'est une sorte de transe. C'est pour la retrouver qu'on écrit. J'ai chanté de nombreuses choses qui se sont produites par la suite. Il y a quelque chose de chamanique là-dedans. Je suis dans un état second quand j'écris une chanson. Quand j'étais à Paris, à 18 ans, je crevais de faim, j'oubliais de manger parce que j'écrivais une chanson, sur un banc, vivant dans la rue comme un SDF. J'étais obligé d'imaginer ce qui allait m'arriver. Que cela se produise ensuite reste inexplicable. »

Thiéfaine, après des études de psychologie à Besançon, s'est toujours passionné pour la philosophie et la littérature. Cette fois encore, il introduit, dans le livret, chaque chanson par une citation. De Catulle à Tolstoï. On aime particulièrement celle de Stig Dagerman, dans L'enfant brûlé : « Vivre signifie seulement repousser son suicide de jour en jour » :

« C'est un peu de provoc' aussi. Si je peux tirer vers le haut plutôt que vers le bas comme les médias… Mais je ne suis pas un si grand lecteur que ça. Je n'ai commencé qu'à près de 30 ans. Je ne lis pas tout le temps mais j'ai toujours une trentaine de bouquins en cours en même temps. Ça peut être Homère comme Jay McInerney. C'est un gros mélange. Parfois, je lis un truc, un thème que je retrouve dans ce que j'écris.

Quand j'écris, j'essaie d'avoir une vision élargie. J'aime beaucoup écrire à la terrasse d'un café, dans la rue… »

En 2004, Hubert-Félix se lance dans une tournée en solo. Il reprend Ferré, Brassens, Brel… qu'il se réapproprie. L'envie naît de faire pareil avec la nouvelle génération d'artistes à qui il demande des mélodies. Cali ou encore Mickey 3D répondent présent. C'est l'idée de Scandale mélancolique, en 2005.

Ensuite, c'est Johnny Hallyday qui lui demande, ainsi qu'à son ami Paul Personne, des chansons. HFT s'y met mais aucune ne sera prise : « On avait le même directeur artistique à un moment, qui avait aimé mon adaptation française d'une chanson de Cat Stevens, que je n'ai jamais sortie. Un jour peut-être. J'avais le temps à l'époque et me suis donc mis à écrire des textes sur des musiques de Paul. Je trouvais ça amusant et qu'aucune n'ait été retenue, je m'en foutais un peu car je travaillais en même temps sur mon propre disque. Mais Paul, plus proche de Johnny que moi, était plus touché par ce refus. Du coup, pour le consoler, je lui ai proposé de faire ce disque en duo, qui est devenu Amicalement blues. Tout a été très vite. Quand j'ai une idée, j'ai toujours envie de la réaliser tout de suite. Et je continue d'écrire durant mes loisirs. Le problème, c'est qu'après, il faut repartir en tournée. »

Dans les remerciements du livret du dernier album, Hubert-Félix remercie Brian Molko de Placebo, Stan de Matmatah, Bibou & Gizmo de Tryo, Damien Saez… mais aussi Ghinzu : « J'ai rencontré les Ghinzu après un concert à Dijon. Ils étaient très chauds pour travailler avec moi et, pour ma part, j'aime ce qu'ils font. J'étais intéressé à ce qu'ils me fassent des musiques mais ils devaient partir en tournée et moi, je n'ai pas voulu attendre. Mais j'ai suivi certains de leurs conseils. Le mélange aurait été intéressant. Les autres que je remercie, je les ai aussi croisés en tournée. Ils ne sont pas toujours disponibles pour vous écrire quelque chose et moi, j'impose ma loi. Mais toute nouvelle expérience est bonne. »

Thiéfaine sera le 8 octobre au Cirque royal, avant son Paris-Bercy : « J'ai trois générations à gérer maintenant. Les jeunes viennent pour voir ce qu'ils ont manqué plus tôt. Je veux donc faire quelque chose pour eux. Mais je ne ferai pas Bercy une troisième fois. Là, je peux proposer plus de musiciens, plus de lumières. En même temps, les lieux intimes, j'ai beaucoup donné. Je connais. En fait, j'ai besoin des deux. »

Hubert-Félix Thiéfaine sera au Cirque royal le 8 octobre.
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 8:54

La ruelle des morts n'existe plus à Dole. Il le dit depuis le début de la promo mais sur Google Maps elle y figure toujours. Îl est possible qu'elle aie été détruite il y a quelques années seulement...
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 9:17

elle y est , c'est une impasse qui fini dans un pré, mais y'a plus de panneau ...
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 9:17

promis c'est pas moi qui ai piqué le panneau

lol!
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 9:39

Effectivement, elle a l'air de toujours exister :
http://www.annuaire-mairie.fr/plan-dole.html

Au début de la promo, il avait dit qu'elle existait encore (entre 2 barres d'immeubles...) mais qu'elle avait changé de nom.
A priori, elle s'appelle toujours "ruelle des morts"...mais sans le panneau, c'est peut-être moins facile à voir Wink

Ceci dit, n'importe quel plan ou indicateur d'itinéraire routier l'indique sans soucis.
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 10:18

Celle que j'ai trouvé n'est pas entre 2 barres d'immeubles , c'est dans un lotissement ...
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 10:21

Loreleï2 a écrit:
promis c'est pas moi qui ai piqué le panneau

lol!

lol!
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 10:22

Loreleï2 a écrit:
Celle que j'ai trouvé n'est pas entre 2 barres d'immeubles , c'est dans un lotissement ...

Et donc, tu déménages quand ? lol!
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 10:23

début mai ... Laughing
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 10:26

Loreleï2 a écrit:
elle y est , c'est une impasse qui fini dans un pré, mais y'a plus de panneau ...

http://maps.google.com/

arf pas moyen de mettre le lien direct , mais faut taper " ruelle des morts Dole "
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 18:39

Ce n'est peut-être pas la même alors...ça serait vicieux quand même de débaptiser une "ruelle des morts" pour en créer une autre avec le même nom quelque temps plus tard... Suspect

Qui se dévoue pour contacter la mairie de Dole ? lol!
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Sempressi
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 30 Mar - 20:16

Loreleï2 a écrit:
Loreleï2 a écrit:
elle y est , c'est une impasse qui fini dans un pré, mais y'a plus de panneau ...

http://maps.google.com/

arf pas moyen de mettre le lien direct , mais faut taper " ruelle des morts Dole "
Voici le lien exact :
http://goo.gl/maps/UBx2
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Arnaud
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Jeu 31 Mar - 17:56

les echos.fr - 31/03/2011

Suppléments de mensonge HUBERT-FELIX THIEFAINE

Revoilà Hubert-Félix Thiefaine. A soixante-deux ans, l'éternel marginal de la chanson française vient de sortir un disque profondément mélancolique. Un titre d'album désabusé (comme souvent), des textes fantasmagoriques, tantôt teintés de surréalisme, tantôt d'un sombre romantisme, des mélodies fortes, une voix intacte et envoûtante : c'est bien d'un bon cru de Thiefaine qu'il s'agit ici, le meilleur depuis « La Tentation du bonheur » (1998), même si l'on ne trouvera pas cette fois un titre à la puissance aussi dévastatrice qu'« Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable » qui figurait sur la « Tentation ».

Les fans de l'artiste se réjouiront d'authentiques merveilles comme « Trois poèmes pour Annabel Lee », « La Ruelle des morts », « Garbo XW machine » ou encore « Petit matin 4.10 heure d'été ». « Je rêve tellement d'avoir été, que je vais finir par tomber », chante-t-il. Mais non. On compte bien voir HFT en pleine forme lors de sa tournée qui commencera à l'automne 2011.

R. C., Les Echos
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Jeu 31 Mar - 18:01

Raymonde Hazan Psychanalyste & Ecrivain - Chroniques Psy - 23 mars 2011

Hubert-Félix Thiéfaine un HPE (haut potentiel émotionnel) ignoré

Samedi dernier, chez Ruquier, Hubert-Félix Thiéfaine était là, celui que j’avais croisé un soir dans cet hôtel…

Je suis occupée avec un groupe, un homme passe et me regarde. Puis, le Maître d’hôtel vient me dire : «Monsieur Thiéfaine désire vous inviter à dîner ».

Je trouvais cela amusant que celui qui occupait ma chambre préférée, se sente un peu redevable et embarrassé ! Mais lorsqu’il passe et repasse, je lui demande pourquoi et comment il est ici et ce qu’il y fait ! Il me dit qu’il a loupé son train, qu’il sort d’une boite de prod’.

«Ah bon ? Et dans la vie vous faites quoi ?»

- Je mets des mots sur des disques d’or»

Tandis qu’il repart je fonce à la réception :

«- C’est qui ce mec ? L’hôtesse me tend un bout de papier.

- J’étais sûre que vous alliez me le demander. Il vous attend au restaurant et il dit qu’il ne mangera pas si vous ne restez pas dîner avec lui !», elle rigole… Il faut dire qu’il n’y a personne dans l’hôtel, hormis le personnel que je connais bien, Hubert… et moi.

Finalement intriguée, je suis descendue, accompagnée par le Maître d’hôtel voir cet Hubert qui m’attendait avec un vaste sourire.

«- Je vous ai commandé un dessert.

- Vous ne connaissez pas mes goûts ?»

Puis, il me demande de l’excuser car il s’absente quelques minutes.

«- Vous avez le droit d’aller pisser !

- J’adore votre façon d’être ! Tandis que toute la carte des desserts s’exposait sur la table…

- Nous pouvons dîner maintenant ?».

Ensuite nous avons passé un moment délicieux de douceur, d’échange. Il écrivait sur une feuille de papier, il rêvait, il se souvenait et moi je ne savais même pas avec qui je dînais de dessert en dessert.

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous offre cette histoire.

Lors de l‘émission, il disait qu’il essayait de contenir ses émotions et qu’il avait fait un séjour en HP !

Combien de HPE (Haut Potentiel Emotionnel) devront encore souffrir à en sourire pour se voiler la face de l’ignorance des hommes en blancs. Et pourtant, pour un soir… Moi non plus je n’ai rien vu !

A Hubert-Félix, avec toute mon amitié
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Jeu 31 Mar - 18:24

La Gruyère.ch - Jeudi 3 mars 2011 - ÉRIC BULLIARD

Un Thiéfaine retapé à neuf

Avec son seizième album, Hubert-Félix Thiéfaine surprend et séduit: Suppléments de mensonge montre un chanteur apaisé, serein. Même s’il n’a pas abandonné ses thèmes obsessionnels ni ses amours littéraires. Rencontre.


Comme pour Scandale mélancolique (2005), vous avez fait appel à différents compositeurs: pourquoi cette nouvelle manière de travailler?

Elle n’est pas définitive: je ne sais pas comment j’organiserai le prochain album, si prochain il y a. J’avais envie de continuer l’expérience commencée avec Scandale mélancolique, avec d’autres gens, mais j’ai aussi remis des chansons dont j’ai composé la musique. Et puis j’avais des textes d’avance: généralement, j’écris en même temps que je compose, avec une guitare. Mais une guitare, on ne peut pas l’emmener partout, alors qu’un mini-ordinateur portable, on peut l’utiliser à 3 h du matin dans un lit. Même en cachette, dans des institutions qui ne tolèrent pas les ordinateurs…

Malgré la diversité des compositeurs, il reste une cohérence, un son Thiéfaine…

J’ai commencé à faire des reprises dans un spectacle sur Léo Ferré. Dans la tournée en solitaire, en 2004, j’ai continué à jouer parfois du Brel ou du Brassens. Les plus jeunes, qui ne les connaissaient pas, pensaient que c’était mes chansons… Ça m’a donné l’idée, sur Scandale mélancolique, de jouer avec cet effet, nouveau pour moi: m’approprier des musiques qui ne sont pas de moi… Il y a aussi un travail délicat, quand je reçois les titres: souvent, les compositeurs mettent un arrangement. Je l’enlève et je fais rentrer la chanson dans ma guitare, dans ma voix, dans ma façon de chanter.

Comment Edith Fambuena et JeanLouis Piérot sont-ils arrivés dans ce projet?

Quand j’ai fini la maquette, je me suis aperçu que, dans ma façon d’écrire, j’avais beaucoup fait appel à ma part féminine. Celle que l’on cache, nous qui voulons passer pour des cow-boys… Il y avait une délicatesse, une douceur… Pour continuer dans ce sens, il me fallait une réalisatrice. Mon choix s’est porté sur Edith, qui m’a présenté Jean-Louis Piérot. Quand ils m’ont fait écouter des idées d’arrangement, ça m’a vraiment surpris, agréablement. Et je leur ai donné les clés de la maison… J’ai juste veillé à ce que le disque garde un son rock.

L’écriture paraît plus claire, plus limpide…

J’ai moins de colère… Je tournais depuis des années: dans ce métier, on n’a des vacances que sur prescription médicale! J’avais forcé la dose. Il m’est arrivé un accident de parcours, pendant l’été 2008. Un burn-out. «Dépression d’épuisement professionnel», comme il est écrit sur mon dossier médical. Il a fallu m’hospitaliser et j’ai consacré pas mal de temps à me remettre sur pied. Au printemps 2009, je me suis retrouvé avec la sensation qu’on m’avait ôté une tumeur qui me causait des migraines 24 heures sur 24. On m’a enlevé des angoisses, un tas de trucs qui me hantaient depuis des années et qui, avec la fatigue, les excès, ont créé des strates assez démoniaques. J’étais reposé, en forme, calmé… Comme une voiture accidentée retapée presque à neuf. Mais c’est la même voiture: je n’ai pas été métamorphosé, je n’ai pas fait une crise mystique! Mes thèmes obsessionnels sont toujours là. Simplement, je n’ai peut-être jamais été aussi bien de ma vie.

Dans La ruelle des Morts, qui ouvre l’album, évoquez-vous vos propres souvenirs d’enfance?

Tout est vrai, même le titre… Cette rue s’appelle «la ruelle des Morts». Des enfants passent, pour aller cueillir des mûres, à 4 ou 5 ans, l’âge où on pose un maximum de questions… Je me vois là, en train de demander aux adultes: pourquoi «ruelle des Morts»? Ce qui est intéressant, c’est que cette chanson est pleine de fraîcheur, elle pétille, mais ça reste La ruelle des Morts! C’est chargé, comme symbole! Je n’y suis pour rien, elle existe… C’est aussi un préambule à l’album, où je parle de la mort, mais en essayant de ne pas être morbide ni mortifère. De rester plus léger, agréable à écouter, sans donner de leçons de morale ou d’hygiène.

Vous faites en ce moment beaucoup de promo, est-ce qu’on va enfin vous voir à la télé?

Je ne vois plus, en France, d’émissions consacrées à la chanson. Il y a Taratata et j’y suis toujours allé… Mais c’est vrai qu’on ne m’a jamais vu chez Drucker: quand j’ai fait Bercy en décembre 1998, j’étais invité chez lui pour une émission fin novembre. Dix jours avant, on m’annonce que ma prestation est annulée. Parce que, me dit-on, «vous n’êtes pas assez médiatique, pas assez connu…». Quand j’ai demandé ce qu’il fallait faire pour être plus médiatique, ils m’ont répondu: «Il faut passer chez Drucker»… De toute façon, quand j’étais gosse, je rêvais d’être chanteur, pas de passer à la télévision. Je n’ai aucun souci avec les médias. Apparemment, eux en ont avec moi, mais ce n’est pas mon problème.

En concert, le public continue à attendre La fille du coupeur de joints ou Les dingues et les paumés, des chansons d’il y a trente ans et plus… Vous les chantez toujours avec plaisir?

J’ai un public superfidèle et qui, en plus, a fait des petits… J’ai des droits, que j’essaie de faire respecter, mais aussi des devoirs. Même si j’ai chanté 3000 fois telle chanson, si le public la veut encore, je la chante… Je vais m’arranger pour la jouer de façon agréable. Et puis, c’est ma vie: je ne peux pas renier telle ou telle chanson. Chacune représente une balise dans l’espèce de road movie que j’ai tourné depuis 1960 quand j’ai décidé de devenir chanteur…

Les coulisses de la rencontre

Il a écrit, jadis: «Moi je vous dis bravo et vive la mort!» (Alligators 427), «doucement les filles, faut pas flipper: la bidoche est faite pour saigner» (Dies olé Sparadrap Joey)… Nourri de Rimbaud, de Baudelaire, de Lautréamont, il a chanté la mort, la folie, la drogue. On l’imagine torturé, plein de spleen autodestructeur. Dans les bureaux de Sony Music, à Lausanne, entre une photo de Springsteen et une affiche de Dylan, on découvre un HubertFélix Thiéfaine souriant et affable. Le verbe clair, les yeux transparents («mon regard vient de l’ère glaciaire», chante-t-il dans Petit matin 4.10 heure d’été, un sommet du nouvel album), il enchaîne les interviews, une demi-heure chacune. Apaisé. «Je suis le même, mais je vais bien… Ça m’est rarement arrivé, on ne va pas me le reprocher, non?» Sûrement pas. EB
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 1 Avr - 9:43

Salut,

Article sur HFT dans L'Humanité de ce jour. Mon padre me le garde (ben oui, il y en a qui lisent encore l'Huma Laughing )
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Ven 8 Avr - 19:45

http://www.nouvelle-vague.com/zoom.php?zoom_id=534&PHPSESSID=1eb11bda9a0b2e266b2a5c6067f8ad34

Publié le 31 Mars 2011

2011 marque le grand retour d’Hubert Félix Thiéfaine avec une nouvelle tournée et un nouvel album “Suppléments de mensonge“. Rockeur-poète, animal étrange curieusement indémodable, HFT pose torse nu, authentique, sur la pochette de son seizième album. Cinq ans après l’album “Scandale Mélancolique“ et trente-trois ans après son tube “La fille du coupeur de joints“, ses textes au lyrisme percutant et halluciné marient toujours l’amour avec la folie, la mort et la mélancolie.

Thiéfaine Pourquoi “Suppléments de mensonge“ ?
J’ai flashé sur cette citation de Nietzsche dans Le Gai savoir. J’aime le mensonge - alors même que je suis mauvais menteur – car je trouve qu’il n’y a aucune vérité. Et je trouvais ça amusant de titrer « supplément » après 16 albums.

Sur l’album, pourquoi faites-vous autant d’hommages à la littérature, la philosophie ?
J’ai voulu que l’album représente bien le disque, qu’il soit présenté un peu comme dans un recueil de poèmes avec des citations, des notes d’auteurs, des clins d’oeil. C’est écrit en Grec, en latin, en anglais pour laisser un peu de mystère, de clair-obscur. Sur la pochette, la photo est une sorte de mise à nue et le corbeau un clin d’oeil à Edgar Poe, à qui je vole déjà le prénom « Anabel Lee » dans un de mes titres.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec la productrice Édith Fambuena ?
Dans l’écriture de cet album, j’ouvrais largement la porte à ma part féminine. C’est pour ça que j’ai choisi une réalisatrice. Mon choix s’est porté sur Édith Fambuena. Elle venait de produire l’album de la Grande Sophie que j’aime beaucoup. Elle m’a présenté Jean-Louis Pierot. Je ne savais même pas qu’ils avaient formé un groupe auparavant, les Valentins. Des compositeurs ont aussi participé : JP Nataf, Armand Mélies, Ludéal, Dominique Dalcan et La Casa. Je voulais élargir mon univers de musicien, comme je l’avais déjà fait avec Scandale Mélancolique.

On résume l’album par ces thèmes : mélancolie, amour, folie, mort... Comme toujours ?
J’essaie par tous les moyens de ne pas écrire toujours la même chanson ! J’ai mis beaucoup d’accidents dans mon road-movie. Malgré tout, on a des thèmes fondamentaux et sa propre personnalité qui se reflètent dans tout ce qu’on écrit. Il faut savoir évoluer autour de ce style. Il y a des albums qui sont typiquement expérimentaux. D’autres sont plus consensuels ; c’est peut-être le cas de celui-là. Les angoisses sont tamisées. Tout est plus doux, plus féminin.

Où trouvez vous tous ces textes alambiqués, comme dans le titre Ta Vamp Orchidoclaste ?
C’est des montages. J’aime bien m’amuser, inventer. J’ai passé suffisamment de temps à traduire Platon et Aristote pour ne pas utiliser mon latin et mon grec. Pour cette chanson, le Français proposait « brise-burne » mais je trouvais ça un peu dur. J’ai formé « orchidoclaste » en grec. Mes textes ne sont pas compliqués, ce sont des livres d’images. Chacun y prend ce qu’il veut, ressent en écoutant. J’y met beaucoup de vie onirique, psychanalytique et d’écriture automatique, un peu.

Quel regard portez-vous sur votre parcours artistique ?
Je vois beaucoup de vies différentes et pas mal de moments difficiles. Mais je m’en sors pas trop mal. J’ai fait 4000 à 5000 concerts... Il y en a un où j’ai fini dans les ambulances, un autre où un mec est monté sur scène avec un poignard en disant : « Si tu continues de chanter je te plante ! ».

Que pensez-vous de votre étiquette de rebelle revendicateur ?
Ça ne me déplait pas. Je suis comme ça dans la vie. Même si maintenant je fais beaucoup d’efforts pour essayer de dominer mes colères. C’est une façon un peu rock ’n’ roll de vivre. Je n’ai jamais qu’écris ce que j’ai vécu.

De quel oeil voyez-vous le business de la musique ?
C’est une vraie crise. Le support CD ne fonctionne plus, avec le piratage et les machines à graver. Je ne veux pas être le papy qui court derrière le monde mais je vis avec les droits d’auteur. Les gens sont très mal informés là-dessus. Si on me vole un disque, c’est deux ans de mon travail qui disparaissent. Est-ce que parce qu’on est artiste on devrait crever de faim parce que ça fait plus joli sur la bio ?

Pendant la tournée allez-vous jouer votre hymne “La fille du coupeur de joint“ ?
Oui, mais finalement je ne la joue qu’à moitié. C’est plutôt le public qui la chante ! Je l’avais enlevée du répertoire, il la chantait quand même. Là je l’ai remise pour dire : « Je suis avec vous ! Je vais vous donner la bonne tonalité !» (rires) Sinon je vais faire un peu le tour de mes chansons et de cet album.

Vous avez appelé la tournée Homo Plebis Ultimae Tour, ça veut dire que c’est la dernière ?
Tout dépend si « Ultimae » s’accorde avec « Tour » ou avec « Plebis »... Je vous laisse faire les recherches en latin !




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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Sam 16 Avr - 5:45

http://www.dna.fr/fr/monde/info/4941853-Hubert-Felix-Thiefaine-Chanteur-L-arpenteur-des-marges

L’arpenteur des marges

Qu’il bosse seul ou avec Édith Fambuena et Jean-Louis Piérot pour ce somptueux Suppléments de mensonge (Columbia/Sony), qu’il s’inspire de sa réalité ou refuse encore de rentrer dans le rang, Hubert-Félix Thiéfaine le Jurassien incarne comme personne la situation inexplicable de l’être humain. Il n’a en tout cas pas fini de la chanter.



- Comment s’est passée votre enfance ?

- « Je vivais dans une famille très modeste des années cinquante, mais aussi très chaleureuse...La maison, c’était un nid. Avec une mère très tendre, un père travailleur, des frères et sœurs plus âgés (Hubert-Félix est le cinquième de six enfants) qui s’occupaient de moi. En dehors du fait que j’étais un gosse rachitique souvent malade, disons que j’étais choyé. À tel point qu’à dix ans je me suis retrouvé étouffé par trop de tendresse. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me bouger. Peut-être parce que je grandissais et que j’avais envie d’être ce qu’on appelle un homme. Mais j’ai payé cher tout ça. Parce que la tendresse, quand on y est habitué, ce n’est pas facile d’en vivre séparé».
J’aime bien casser les outils avec lesquels j’ai travaillé

- Quand la tentation de l’écriture vous a-t-elle saisi?

- « La première année de séminaire. En même temps que j’ai découvert l’internat, je me suis fait des copains avec lesquels ça se passait beaucoup mieux qu’à Dole. J’étais entré dans l’adolescence...et peut-être que l’adolescence est moins barbare que l’enfance. Ces copains, avec qui j’apprenais le grégorien, le piano et l’harmonium, avaient tous les disques yéyés ! Pendant les vacances, je me suis mis à écouter Salut les copains. Dès le troisième mois, je voulais être Johnny ou Claude François. Après, j’ai voulu être les Beatles et les Rolling Stones. Déjà, je commençais à découper les photos dans SLC, le magazine, à recopier des chansons. Peut-être cinq cents, calligraphiées sur des tas de cahiers que j’ai perdus dans mes déménagements».

- Votre toute première chanson ?

- « J’étais en cinquième. Elle s’intitulait Merda zuta twist. De cette époque, il y en a une de 1965 ou 1966 qui reste et qui est éditée, Je t’en remets au vent. Il y en a eu d’autres qui s’appelaient Des piments rouges dans les neiges du Fuji-Yama, Bain de minuit dans le Gange à Bénarès. C’était un peu la période hippie. J’écrivais ça pendant les heures de cours, en première et terminale».

- Le Thiéfaine de 18 ans s’imaginait-il qu’un jour, d’autres lui écriraient des musiques ?

- « Il n’avait pas beaucoup d’avenir ! À 18 ans, je ne pensais pas vivre longtemps. J’étais assez suicidaire et je ne pensais pas y arriver non plus. Je ne croyais pas du tout en moi. Pourtant il n’y avait que ça qui m’intéressait, ce qui faisait un sacré décalage... Au niveau des idées, de cette envie d’écrire, elle est la même; je savais que je voulais être songwriter et chanteur... En fac, j’ai fait partie de vagues groupuscules nihilistes où la seule histoire, c’était l’autodestruction. J’étais punk avant les punks, c’était «no future» quand tout le monde faisait les barricades. Je n’avais aucune idée politique, aucune idée du futur, rien. Je me foutais de la gueule de tout le monde et je m’autodétruisais calmement du matin au soir».

- Vous dites ne pas aimer regarder en arrière... Mais monter sur scène, reprendre des chansons plus anciennes, ça vous y oblige, non?

- « Oui, parce que c’est obsessionnel... Je m’aperçois alors que je vais avoir 63 ans, mais que j’ai en grande partie les mêmes obsessions qu’à 18. Qu’est-ce qui a changé ? C’est ce qu’on appelle vulgairement l’expérience... Mais à 18 ans, j’étais obligé de tout inventer parce que je n’avais pas vécu. À 63 ans, je récupère et je mets la musique dessus».

- Dans Suppléments de mensonge, vous avez composé certaines chansons avec JP Nataf ou Arman Méliès. Vous avez pourtant rarement travaillé avec d’autres artistes dans le passé.

- « Alors que d’habitude j’aime bien casser les outils avec lesquels j’ai travaillé, j’avais envie de continuer l’expérience de Scandale mélancolique (en 2005) en coupant la poire en deux. Je me suis ainsi gardé quelques titres avant d’en distribuer d’autres. C’est alors mon directeur artistique qui s’est occupé de distribuer des textes puisqu’il connaît beaucoup plus de compositeurs que moi, notamment des jeunes. Si je connaissais déjà JP Nataf, qui avait travaillé sur Scandale mélancolique, et Roberto Brio, qui a été mon bassiste, j’ai découvert les autres».

- Vous privilégier les ambiances, vous jouez comme d’habitude plus sur la musicalité des mots que sur leur sens.

- « Je ne cherche pas à développer des idées, à faire des phrases; je cherche des images. Ce que je fais est assez proche de la peinture, sauf qu’au lieu d’utiliser des pinceaux et des couleurs j’utilise des mots et de la musique. J’ai d’ailleurs fait de la peinture à une époque; j’ai aussi écrit des nouvelles et des poèmes, j’ai fait de la photo. Puis, à un moment donné, j’ai décidé de tout mettre dans mes chansons».
Aujourd’hui la poésie a besoin d’autres supports

- L’amour des chansons aux textes imposants vous vient-il de votre passion pour Ferré et Dylan ?

- « Si l’on considère que les deux sont un peu mes maîtres, les deux ont en effet écrit des chansons qui n’en finissent pas. Sur l’album Highway 61 revisited de Dylan, il n’y a pas une chanson qui fasse moins de six minutes. Et sur Time Out of Mind, Highlands dure près de dix-sept minutes, j’adore! Depuis quelque temps, je rencontre beaucoup de gens qui disent préférer mes chansons longues, celles dans lesquelles on peut prendre le temps de s’installer. Donc je ne m’en prive pas».

- Dans les médias, on vous qualifie souvent de « poète»?

- « En France, pour être poète, il faut être mort. Mais aujourd’hui la poésie a besoin d’autres supports; pour moi, les films de Jim Jarmusch ou de David Lynch sont de grands livres de poésie. Il peut y avoir de la poésie dans mes chansons, mais je suis chanteur avant tout, et pas ‘auteur-compositeur-interprète’».

- Près de quarante ans de carrière sans aucune éclipse. Comment tenez-vous ?

- « Je n’ai pas tenu. Je me suis écroulé pendant la dernière tournée, et j’ai été hospitalisé. Mais c’était très bien, j’avais besoin de ça pour pouvoir me reposer. Ça m’a pris un an et demi. Et je me suis réveillé autrement, au volant d’une nouvelle vie. Avant, le rythme était assez intense. J’ai eu des années où je passais deux cents nuits dans une chambre d’hôtel. On ne sait plus qui on est, on devient un fou. Moi, j’étais au-delà. Aujourd’hui, je ne sais pas où j’habite, mais je n’ai jamais eu une vie calquée sur celle du Français moyen».

- Êtes-vous devenu enfin heureux avec l’âge ?

- « Je ne crois pas au bonheur. C’est comme l’amour ce ne sont pas des choses qui me touchent».

- Il y a plus de raisons d’être punk aujourd’hui qu’hier ?

- « Il y a plus de raisons de dire « no future» qu’avant... Qu’est-ce qu’on demandait, quand on avait 18 ans ? On était des gosses de luxe, même les fils de prolo. Il n’y avait pas encore eu la crise et les 300 000 chômeurs en France, c’était des bénévoles. On ne voulait plus bosser, on disait ça ne sert à rien, on voulait fumer des pétards au soleil. Aujourd’hui, les mecs ne peuvent pas, ils pensent à leur survie... C’est ça qui les désespère, les mômes. Et leur nouvelle drogue, c’est consommer, consommer».

Propos recueillis par Joël Isselé
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Lun 21 Nov - 10:35

Rock First n°3 ... en kiosque ...

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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mar 22 Nov - 21:01

http://www.sortiedesecours.info/homo-plebis-ultimae-entretien-avec-thiefaine-2934

HOMO PLEBIS ULTIMAE, entretien avec Thiéfaine

Mis en ligne par David on nov 22nd, 2011


Actualité chargée pour « l’animal bluesymental« : alors que le dernier album du sieur Thiéfaine, Suppléments de mensonge, vient de ressortir agrémenté de trois nouveaux titre, HFT entame une grande tournée qui le mènera de Zénith en zéniths, un road-trip dont le point de départ se situe au bout du monde…

C’est à la Carène de Brest qu’a été lancée la série de concert de l’Homo Plebis Ultimae Tour. Une première prestation inaugurale qui confine, comme toujours, au sublime : Hubert-Félix Thiéfaine abandonne un peu l’aspect électrique de son précédent Scandale Mélancolique Tour au profit d’une scénographie plus sobre. Plus sobre ne signifie pas cependant moins rock’n roll… L’ouverture est tétanisante, avec le titre « Annihilition » – un titre presque inédit puisque disponible seulement sur l’édition collector du best-of Séquelles. Le reste du concert se poursuit dans un aller-retour entre son dernier album et une majorité de chansons issues de la mythique période du début des 80′s – les albums Dernières balises avant mutation et Soleil cherche futur. On regrettera juste l’absence sur scène du magnifique Trois poèmes pour Annabel Lee, dont le rythme languissant n’était peut-être pas adapté au ton de la tournée… Qu’importe : à plus de 60 ans, le « petit barbare qui chantait pour sa libido« nous offre un show épatant, émouvant et rock’n roll, à l’image d’une carrière tout simplement passionnante. Nous avons eu la chance de rencontrer celui par qui le « scandale mélancolique« arrive : une occasion de pénétrer un peu plus dans cet univers de mots destroys et de mélodies « en ego-trip-transit« …


Sortie de secours : Le titre de votre dernière tournée, Homo Plebis Ultimae Tour, est basé sur une citation de Sénèque : une citation qui peut être traduite de bien des façons… (ndlr : le dernier homme de la plèbe, le lointain homme du peuple…)

Hubert-Félix Thiéfaine : Y’en a une officielle, celle que les latinistes qui ont bossé sur Sénèque ont fait, plus tous les lycéens et tous ceux qui ont transpiré sur les versions latines… dont je fais partie. J’ai relu Sénèque dernièrement en version bilingue pour me replonger dans le latin de mon enfance, avec un peu de nostalgie. Et puis j’ai retrouvé cette phrase, que j’ai choisie parce que ça m’amusait. Je tiens à signaler que « tour » là-dedans, ça reste invariable : il faut savoir avec quoi les adjectifs s’accordent dans cette histoire (ndlr : certains fans accordent le « ultimae » avec « tour », suggérant que ce serait le dernier round du chanteur, ce qui ne semble pas être le cas !)

S.d.S. : La première chanson de votre album évoque la nostalgie de l’enfance, la chanson When Maurice Meets Alice sur votre précédent album était un portrait de vos parents… Vous retournez-vous plus vers le passé actuellement ?

H.F.T. : Je le fais inconsciemment. C’est à dire que quand j’ai fait, aussi bien « When Maurice meets Alice » que « La Ruelle des morts », je ne me suis pas dit « je vais faire un truc sur l’enfance ou la nostalgie en général »… Non, c’est venu comme ça. Je ne calcule pas, je me laisse embarquer : je suis un petit peu le peintre du moment. J’essaie de peindre des humeurs, des pensées, des histoires qui m’arrivent à tel moment. Alors j’ai peut-être plus de nostalgie ; avant je mettais tout sur le futur et le passé ne m’intéressait absolument pas. Il ne m’intéresse toujours pas follement ! Mais il y a des périodes comme l’enfance ou l’adolescence qui sont plus intéressantes à développer. Mais aujourd’hui, le futur, il commence à se limiter ! Et donc je regarde vers le passé, par obligation temporelle…

S.d.S. : Si je cite votre titre Fièvre résurectionnelle : « Mais toi tu cherches ailleurs les spasmes élementaires / Qui traduisent nos pensées comme on traduit Homère », dois-je en conclure que c’est pour traduire vos pensées que vous triturez à ce point la langue française dans vos textes ?

H.F.T. : Si jamais je récite, correctement, un passage de Shakespeare, de Walt Whitman, de Blake…. Rien que de prononcer les mots, ils sont déjà en musique. Les chanteurs américains et anglais ont quand même de la chance de pouvoir faire couler les phrases comme ça, sans faire d’effort. Ce sont des poètes réputés que je cite, mais malgré tout, même quand on entend des télévangélistes américains prêcher, ça swingue, il y a un truc. Il n’y a plus qu’à mettre la musique… En France, en français, on est quand même obligé de tordre les mots, d’utiliser des petites méthodes de trafic pour arriver à trouver un son qui puisse être chanté. Mais en plus, j’adore les mots : je vais les chercher, je les choisis, je les mets dans un ordre bien précis… Je fais de la menuiserie, je passe le rabot, je les vernis à la fin… Il y a tout un travail, et ça c’est passionnant, c’est comme la peinture : vous avez l’impression d’avoir travaillé un quart d’heure et il s’est passé cinq heures. C’est merveilleux, il y a des moments très difficiles mais je trouve que l’écriture c’est un moment magique.

S.d.S. : On pourrait à nouveau reprendre un de vos titres : « Errer humanum est »?

H.F.T. : Ah oui, c’est un road-movie tout le temps !


S.d.S. : Vous avez repris « Ma Solitude » de Léo Ferré, samplé « Pour en finir avec le jugement de Dieu » d’Antonin Artaud (ndlr : sur la chanson Quand la banlieue descendra sur la ville)… N’avez-vous jamais eu envie de reprendre les poètes qui vous ont influencés, comme Rimbaud ou Lautréamont ?

H.F.T. : D’autres l’on fait : Paul Fort, Lamartine ont été chantés par Brassens, Ferré en a chanté un paquet…

S.d.S. : Et Thiéfaine ?

H.F.T. : Disons que je n’en suis pas au stade des reprises. Il y a évidemment beaucoup de textes magnifiques à chanter mais j’ai aussi mon petit travail à faire : je suis « auteur-compositeur interprète », il faut bien que l’auteur travaille aussi un peu.

S.d.S. : Justement, à propos de l’auteur… Qu’est-ce qui vient en premier dans votre écriture, le son, le sens?

H.F.T. : Le son ! Le sens, pour moi c’est pas intéressant. J’adore le nonsense anglais, ça jaillit, c’est comme l’humour, ça réconforte. Quand on lit certains livres de James Joyce par exemple, c’est tellement agréable : de lire des choses qui n’ont aucun sens. Je le lis en français, je perds déjà un peu de saveur… Mais Finnegans walk, c’est un bouquin…. J’adore mettre le nez dedans. C’est magnifique à lire. Évidemment, il n’y a pas de sens… Et alors ? Est-ce que les artistes ont besoin de mettre un sens dans ce qu’ils font ? Je crois que la vie est basée sur le non-sens, alors allons-y, jouons le jeu ! Essayons au moins d’avoir une vision à 360 degrés. Mettons l’inconscient, mettons toutes les parties oniriques de notre vie en jeu. Et puis détruisons aussi le sens, puisqu’il n’y en a pas. Détruisons le sens que certaines religions, que certains politiques ont voulu mettre à notre vie ; et amusons-nous avec les mots.

S.d.S. : Visuellement vos chansons sont très fortes, bourrées d’images cinégéniques… Vous n’avez jamais été tenté de les mettre en image par le cinéma ?


H.F.T. : Non, parce que moi je me fais un cinéma particulier avec des mots et des images qui sont sous forme de mots. C’est ça. Et ces images, elles ne sont pas faites pour être photographiées ni projetées sur un écran. Je les mets dans des chansons, j’aurais pu choisir autre chose. Quand j’avais dix-huit ans, j’ai testé pas mal de choses : de la peinture, des romans, du théâtre, de la photo… J’essayais de fixer ce que j’avais envie de créer. Je cherchais un peu la technique. Il s’est trouvé que finalement, c’est la chanson qui a pris le dessus. Mais, à partir de ce moment-là, j’ai tout mis dans les chansons. Je vais pas essayer de dire « tiens si j’essayais de mettre cette idée dans la peinture, ou dans un roman »… Moi je ramène tout dans les chansons, comme le facteur Cheval ramenait tout dans cette sorte de palais qu’il a fait du côté de Valences.

S.d.S. : Vos textes n’ont jamais été recueilli comme des poèmes (ndlr : à part dans un livre de Pascale Bigot paru en 1988) : est-ce que vous les considérez indissociables de leur musique ?

H.F.T. : Tous les textes sont dans les pochettes de disques. J’aurais pu être auteur, mais finalement j’ai gardé mon rêve de gosse qui était d’être chanteur. Maintenant, qu’on prenne un jour tous mes textes pour les regrouper dans un bouquin, moi ça ne me gêne pas… Et puis tout traîne sur internet aujourd’hui. Peu importe. Si j’ai envie de les changer, je les changerai quand même.

S.d.S. : Votre présence dans les médias pour ce nouvel album peut surprendre vos fans, habitués à un silence médiatique assourdissant depuis des années…

H.F.T. : Je suis pas du tout télé. Il se trouve que les médias ont aimé ce disque, ils ont décidé d’en parler. Ils ont décidé de m’inviter à un certain nombre de shows, qui ne sont pas forcément les plus people. C’était intéressant de le faire, d’autant plus que le monde du disque est en crise. C’est grave, ce qui se passe dans les maisons de disque aujourd’hui, et même pour nous chanteurs. Donc on ne peut plus rester assis chez soi à attendre que la Sacem nous envoie le chèque…

S.d.S. : Une question de fan : vous arrive-t-il encore de chanter sur scène la chanson Vendôme Gardenal Snack : « Tu traînes dans mes nuits / Comme on traîne à la messe / Quand on n’a plus la foi / Et qu’on ne le sait pas »…. ?

H.F.T. : J’avais fait un arrangement, que j’aimais beaucoup d’ailleurs, et que j’ai joué pendant toutes les années 70. J’ai fait tous mes débuts de cabaret avec cette chanson. Mais telle qu’elle est en ce moment, je trouve que ce n’est pas une chanson très scénique en fait. Il y a des chansons plus scéniques que d’autres, des chansons qui demandent plus d’intimité et qui passent mal devant une foule.

S.d.S. : Après plus de 30 ans, interpréter des chansons comme « La Fille du coupeur de joints » ou « Lorelei Sebasto Cha »… Cela fait-il toujours le même effet ?

H.F.T. : On les a beaucoup faite évoluer au cours des années, des décades. Là on revient un peu au vintage, ça devient autrement intéressant. Mais à chaque fois on essaie de les reprendre d’une nouvelle façon. Moi j’ai toujours du plaisir, parce que je sais au moins que je les connais bien celles-là ! C’est ma récréation au milieu du show…

Interview réalisée par David Roué pour Radio U et Sortie de secours

Merci à Karine Pichon-Bono et à la Carène de Brest

En bonus : voici l’une des plus belles chansons de son dernier album : « Trois poèmes pour Annabel Lee », inspirée d’un poème de Poe… Enjoy !

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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mar 22 Nov - 21:06

http://www.musiqueinfo.com/interviews/artistes/hubert-felix-thiefaine-en-trente-ans-on-a-fait-de-gros-efforts-sur-les-salles-de-spectacles-.html

Hubert-Félix Thiéfaine : « En trente ans, on a fait de gros efforts sur les salles de spectacles »


Figure emblématique de la chanson-rock depuis le début des années 70, lauréat du Grand prix de la chanson française décerné par la Sacem le 14 novembre, Hubert-Félix Thiéfaine nous a accordé un peu de temps, courant octobre, avant d'entamer sa longue tournée, qui s'étalera jusqu'au printemps 2012. L'occasion de revenir, entre autres, sur Suppléments de mensonge (Columbia/Sony), l'un de ses albums les plus aboutis.

Musique Info : Suppléments de mensonge est le deuxième album sur lequel vous avez délégué la composition à une génération d'artistes plus jeunes (La Casa, Ludéal, Arman Méliès...). Que vous ont apporté ces collaborations ?
Hubert-Félix Thiéfaine : Cela m'a permis d'ouvrir l'horizon au maximum, de m'enrichir, de m'amuser, et aussi de créer un son d'album tout à fait spécifique, unique, avec des artistes qui viennent d'univers très différents. De mon côté, j'avais pas mal composé pour cet album, mais j'ai préféré prendre des musiques de l'extérieur. L'idée m'est venue après avoir fait pas mal de reprises d'autres chanteurs. Je m'amusais à les personnaliser, à les faire miennes, à tel point que le public est parfois tombé dans le panneau, pensant que c'était moi qui avais écrit les chansons de Ferré ou Brassens que j'interprétais. Cela m'a donné envie de proposer à d'autres de s'immiscer dans mon cercle...

M. I. : Cela sera-t-il votre leitmotiv pour les albums à venir, délaisser la composition pour vous concentrer sur le texte ?
H.-F. T. : C'est vrai que l'écriture reste un peu sacrée, pour moi. A ce niveau, je ne partage pas trop. Mais travailler avec d'autres compositeurs s'est révélé être un exercice intéressant. Je leur ai demandé de mettre une voix et une guitare ou un piano, pour avoir simplement la mélodie. Et tous, à chaque fois, m'ont mis des arrangements ! La première chose que je faisais, c'était d'enlever les arrangements, de prendre ma guitare et d'essayer de m'approprier le morceau. A partir de là, nous avons construit les arrangements, et ainsi, l'unité de l'album. J'aime bien ce processus.

M. I. : Le rôle d'édith Fambuena et Jean-Louis Piérot, à la réalisation, a-t-il été déterminant dans le succès de cet album, eux qui ont signé quelques classiques du répertoire français ?
H.-F. T. : Je n'ai découvert l'histoire de ce duo qu'une fois les rythmiques de l'album enregistrées ! A la base, j'ai fait les maquettes de l'album, avec voix, guitare et clic. Quand j'ai réécouté l'ensemble, je me suis rendu compte que j'avais fait appel à ma part féminine. Alors, d'emblée, quand j'ai cherché un réalisateur, je me suis dit : « Et pourquoi pas une réalisatrice ? ». J'en ai rencontré plusieurs et mon choix s'est finalement porté sur Edith Fambuena, que j'avais connue par l'intermédiaire de la Grande Sophie. Elle m'a proposé par la suite d'inclure Jean-Louis Piérot dans la boucle. Naturellement, j'ai donné mon accord pour qu'elle ait le maximum de confort de travail. Il y a une part de hasard dans tout cela.

M. I. : De quel œil voyez-vous les problèmes que rencontre l'industrie musicale aujourd'hui ? Cela vous touche-t-il ?
H.-F. T. : Bien sûr, cela me touche. Quand vous êtes dans les premières places du Top Albums, aujourd'hui, vous vendez dix fois moins que lorsque vous étiez en 25e place, il y a 20 ans. Certaines maisons de disques voient leur effectif passer de 600 employés à une centaine. C'est beaucoup de chômage. Cette crise, qui a commencé par le disque, est terrible. De mon côté, ces problèmes n'ont pas affecté mes relations avec ma maison de disques, au contraire. Je me suis toujours bien entendu avec les gens d'Epic, et aujourd'hui j'ai de bonnes relations avec ceux de Columbia. D'ailleurs, je suis très fier d'être sur ce label, le plus vieux de l'histoire du disque, qui représente aussi les disques de Bob Dylan, ceux que j'écoutais dans mon adolescence.

M. I. : Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui débute aujourd'hui ?
H.-F. T. : Difficile de répondre, le monde a tellement évolué ! Aujourd'hui, je crois qu'il faut être plus déterminé, ainsi qu'aller le plus loin possible, musicalement et techniquement. Après, il m'est difficile de donner des conseils sur l'inspiration, qui reste le moteur de tout : on est inspiré ou on ne l'est pas ! Et puis, c'est un peu dur à dire, mais je ne sais pas si, aujourd'hui, la langue française est la meilleure lorsqu'on veut faire de la chanson.

M. I. : Le titre de votre tournée, Homo Plebis Ultimae Tour, est ambigu. Il peut laisser supposer que c'est votre dernière tournée. Est-ce le cas ?
H.-F. T. : « Homo Plebis Ultimae » est une citation empruntée à Sénèque. Ce qui est troublant, c'est de savoir si l'on accorde « ultimae » avec « tour » ou avec « plebis ». Cela m'a amusé de jouer avec ça. J'ai toujours aimé me projeter dans le -futur, mais en vieillissant, il est difficile de continuer à m'y projeter parce que je le connais ! Maintenant, je vais doucement, et je planifie à moins long terme. Et je ne sais donc pas, pour le moment, s'il y aura un autre disque et une autre tournée par la suite.

M. I. : Cette tournée est longue, va passer par de nombreux Zénith et même s'arrêter à Bercy, une salle finalement peu fréquentée par les artistes français. Qu'est-ce qui vous plaît dans ces grandes salles, dans lesquelles la proximité peut manquer avec le public ?
H.-F. T. : Connaissez-vous cette citation de Brecht : « Qu'est-ce qu'un professeur sans élève et qu'est-ce qu'un comédien sans -public ? » ? Tout est là. Pour moi, peu importe la salle, du moment que le public est là. J'ai joué dans tous les types de salles. Je me suis même amusé à faire une tournée en solo dans de petites salles, il y a peu de temps. J'aime bien jouer dans toutes les -situations, toutes les configurations. Sinon, cela devient lassant. Il faut pouvoir tenter de nouvelles expériences.

M. I. : Justement, d'année en année, la lassitude vous guette-t-elle ?
H.-F. T. : Non, car ce n'est jamais la même chose sur scène. Et puis j'ai évolué, je n'étais jamais le même chanteur de tournée en tournée. Par ailleurs, les salles évoluent. à mes débuts, on se produisait dans les salles polyvalentes et les halls d'exposition... Ca craignait un maximum ! Si je dois retenir quelque chose de ce côté-là, c'est qu'en trente ans, il y a eu de gros efforts de faits sur les salles de spectacles. C'est plus agréable de circuler de concert en concert aujourd'hui. On pourrait faire encore mieux, si les architectes acceptaient de demander leur avis aux artistes, aux techniciens et au public... Je pense, entre autres, qu'il y a quelques Zénith dont l'acoustique pourrait être revue, tout comme leurs backstages. Mais bon, par rapport à ce qui existait dans les -années 80...

M. I. : Depuis dix ans, vous êtes partie prenante dans une société, Lorelei Production. Quel est son rôle ?
H.-F. T. : C'est la cinquième tournée que l'on organise par son intermédiaire. Au travers de cette structure, je suis mon propre patron, ce qui est important quand on est sur la route. Je sais comment tout fonctionne, je n'ai pas de surprise. Et puis, on peut faire les choses comme on l'entend, avoir des rapports privilégiés avec les équipes techniques, les musiciens. C'est plus familial, nous évoluons dans un certain respect, nous sommes nos propres maîtres. Cela nous permet d'être plus libres et indépendants.

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Karen.
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 23 Nov - 8:45

Merci Eurydice.
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Loreleï2
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    Mer 23 Nov - 9:20

merci !
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MessageSujet: Re: Thiéfaine dans la presse et sur le net    

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Thiéfaine dans la presse et sur le net
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